Avant même le début réel du congrès, le grand rendez-vous annuel de l’Association des Maires de France consacre une sorte de retour en force des Maires. 10.000 élus y sont annoncés qui s’ajouteront aux 60.000 congressistes inscrits. Les nombreux débats programmés recevront leur lot d’invités prestigieux : pas moins de 15 ministres devraient parcourir les allées du Salon et d’illustres invités (François Hollande, Alain Juppé, Édouard Philippe, Laurent Fabius) viendront dédicacer leur dernier ouvrage dans l’espace librairie ouvert cette année pour la première fois.
Le succès du congrès et ses tendances
Ce succès traduit deux tendances :
- Le retour en force des Maires. S’ils se sentent souvent mal aimés voire bousculés par l’Etat central et ses représentants, les Maires ont (re)gagné leurs lettres de noblesse au cours des derniers mois : l’action municipale a su démontrer son efficacité durant l’épidémie du Covid 19, les Maires ont été, souvent bien malgré eux, à la tête du combat républicain et de l’ordre, quitte à en être parfois les victimes, et à l’heure où la gouvernance verticale a moins bonne presse, on (re)découvre que les élus de terrain ont parfois des idées qu’il serait judicieux d’entendre davantage. Le thème central du congrès 2023 « Communes attaquées, République menacée » montre bien que c’est à l’échelon communal que les choses essentielles se passent.
- Il faut d’ailleurs noter que l’absence, cette année encore, du Président de la République au Congrès de l’AMF ne suscite aucune amertume du côté de l’association, tant les relations entre ce chef de l’Etat et les maires a été compliquées depuis son élection. L’invitation à l’Elysée d’un millier d’élus durant la semaine constitue même une réaction qui fait plutôt sourire du côté de l’AMF.
David Lisnard monte en puissance
David Lisnard monte en puissance. On prête au Maire de Cannes et Président des Maires quelques ambitions politiques nationales, renforcées par l’ouverture récente du siège parisien de son club « Nouvelle Energie ». Le Président a ouvert ce congrès en le présentant comme « le rassemblement de la France réelle, la France qui se bouge » qu’il oppose sans doute, sans le dire, à un Etat central jugé trop distant des réalités. Et David Lisnard de dénoncer pêle-mêle ce « trop d’administration (qui) tue le service public » ou une fiscalité qui place les communes « sous perfusion » de l’argent public. « Ce n’est pas nous qui avons demandé à être dépendants des dotations de l’État ! » ajoute le très libéral maire de Cannes qui dénonce également « la suppression du cumul des mandats qui amène à des antagonismes entre le local et le national ». « Le maire de Nantua m’a montré une lettre de l’administration lui interdisant de mettre un cygne sur le lac de la commune. Des exemples comme celui-ci, j’en ai plein ; je pourrais rédiger un Livre noir de l’Absurdistan. » assène David Lisnard. Des propos qui ne vont sans doute pas donner envie au Président de la République de retrouver d’ici la fin de son mandat le chemin du Parc des Expositions de la Porte de Versailles…
