Décentralisation : l’impossible consensus ?

« Il doit y avoir une clarification institutionnelle. On pourrait avoir un système beaucoup plus efficace avec plus de décentralisation » déclarait le chef de l’Etat le 14 mai dernier dans une interview à « L’Opinion ». A l’automne 2022 déjà, le même indiquait : « On doit réexaminer, sans esprit de concession, ces politiques [de décentralisation]. Regarder là où la décision est prise de manière la plus efficace. La décentralisation, c’est ça. La compétence va avec la responsabilité, avec la capacité à financer, avec la capacité à prendre les décisions normatives et accepter qu’il y ait aussi une vraie différenciation au sein de nos territoires ». Les intentions du Président de la République sont donc connues : il veut sim-pli-fier le mille-feuilles territorial.

Le 30 août dernier, durant la « nuit de Saint Denis » où il a réuni les dirigeants des formations politiques, Emmanuel Macron a remis sur la table de travail son idée d’une grande réforme de décentralisation : tentative de faire renaître le conseiller territorial en lieu et place du conseiller départemental et du conseiller régional, nouveau redécoupage des régions, renforcement du cumul des mandats, baisse du nombre d’élus, instauration d’une dose de proportionnelle…

Malheureusement pour le Président de la République, il semble que ses propositions n’ont pas davantage suscité de consensus à Saint Denis qu’elles n’avaient entrainé l’adhésion des Maires lors du congrès de l’AMF en 2021. Or, on voit mal comment, sur ce sujet comme sur les autres, le Président pourrait avancer seul puisqu’il ne dispose pas à l’Assemblée d’une majorité suffisante pour se priver du concours d’autres formations. Il lui faudra donc négocier.

Le Président de la République devrait transmettre rapidement aux participants de Saint Denis une synthèse des débats qui y ont eu lieu, laquelle devrait servir de base à la poursuite des échanges dans une nouvelle réunion de même format qui reste à programmer. Sauf que certains des participants du 30 août ont déjà exprimé leur réticence à remettre le couvert dans un exercice qui leur est principalement apparu comme un exercice de communication de plus d’un Président partiellement empêché.

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